PROBLEMATIQUE
Si les statistiques de mortalité concernant les accidents sont établies de façon routinière et sont fiables, la fréquence des accidents non mortels est, quant à elle mal connue, du fait des difficultés de recueil des données.Au-delà des statistiques de morbidité, il faut aussi prendre en compte les handicaps dont le nombre est en croissance constante, dont le coût socio-économique est lourd et difficilement supportable, et pour lesquels les structures de réadaptation font largement défaut.
Les accidents domestiques chez l'enfant suscitent beaucoup d'intérêt dans le monde en raison de leur fréquence et de leur gravité.
Le recueil de l'information et les enquêtes dans ce domaine sont des tâches difficiles à effectuer en raison des problèmes méthodologiques liés aux nombreux objectifs que l'on se fixe, à la longueur des supports et à la sous déclaration.
Néanmoins, une réflexion devrait être lancée pour obtenir à son issue un système de recueil simple, avec des objectifs clairs et précis, couplée à des enquêtes circonscrites.
La genèse d'un accident est conditionnée par de nombreux facteurs sur lesquels il faut essayer d'agir afin d'éviter que cet accident ne se reproduise.
Dans le monde
Dans son rapport sur la santé dans le monde en 2001 , l'OMS donne des estimations sur les causes de décès et de charge de morbidité pour l'année 2000 : Les traumatismes non intentionnels représentent 6,1 % du total des cause de décès dans le monde.
Les chutes représentent 0,5 % du total des cause de décès dans le monde.
Les brûlures représentent 0,4 % du total des cause de décès dans le monde.
Les noyades représentent 0,8 % du total des cause de décès dans le monde.
Le poids des décès par chutes sur les décès par traumatisme non intentionnel est de 83 ‰.
Le poids des décès par brûlures sur les décès par traumatisme non intentionnel est de 69 ‰.
Le poids des décès par noyades sur les décès par traumatisme non intentionnel est de 132 ‰.
Le poids de la charge de morbidité en année de vie corrigées de l’incapacité (AVCI) par chutes sur la charge de morbidité en AVCI par traumatisme non intentionnel est de 143 ‰.
Le poids de la charge de morbidité en année de vie corrigées de l’incapacité (AVCI) par brûlure sur la charge de morbidité en AVCI par traumatisme non intentionnel est de 73 ‰.
Le poids de la charge de morbidité en année de vie corrigées de l’incapacité (AVCI) par
noyades sur la charge de morbidité en AVCI par traumatisme non intentionnel est de 97 ‰.
Les accidents domestiques tuent chaque année 18000 personnes en France, soit deux fois plus que les accidents de la route et la plupart de ces victimes sont des enfants.
Selon l’enquête décennale sur la santé et les soins médicaux de 1991, on estime à environ 8,4 millions les accidents de la vie courante ayant nécessité au moins un recours au médecin ou au pharmacien au cours de l’année 1991. Cette enquête a montré aussi que la nature des accidents varie selon le sexe et l’âge.
L’enquête Européenne permanente Ehlass réalisée depuis 1986 dans les services d’urgence de huit hôpitaux français renseigne sur les causes, les mécanismes et les conséquences en terme d’hospitalisation des accidents qui conduisent à ses services.
Elle montre des risques très diversifiés selon l’âge, et on peut retenir les causes principales d’accidents suivantes :
- avant un an " chute d’un lieu élevé ", 1- 4 ans "intoxication, brûlure, noyade, morsure ", 5-15 ans " accidents scolaires ".
En Algérie
En Algérie, les différentes enquêtes menées sur les accidents domestiques chez l’enfant situent l’incidence entre 40 et 50 ‰ et prédominent chez l’enfant d’âge préscolaire.
Etudes réalisées en 1987 par le docteur Klouche sur un échantillon représentatif de la population résidente de la daira d’Hussein dey (Alger ) et celle réalisée en 1988 par le docteur Atek au niveau de l’APC de Sidi Mhamed (Alger ).
L’enquête transversale par interrogatoire de tout enfant victime d’un accident domestique se présentant au niveau des services d’urgences, de jour comme de nuit, réalisée par le groupe technique " accidents domestiques de l’enfant " en février et mars 1998 retrouve que le type d’accident est dominé par les chutes dans 40,1 % des cas, les brûlures avec 37 %, suivi d’ingestion de caustiques avec 9,2 %.
L’enquête EDG Algérie 2000 qui a concerné 14543 enfants retrouve que 443 ont été victimes d’un traumatisme et parmi eux 381 (86 %) ont eu un traumatisme accidentel et 62 (14%) un traumatisme intentionnel. Dans les traumatisme accidentels 59,6% sont des accidents domestiques et la prévalence (P58 : prévalence du traumatisme durant les deux derniers mois qui précèdent l’enquête) des accidents domestiques est de 15,8 ‰.