REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE LA SANTE ET DE LA POPULATION
INSTITUT NATIONAL DE SANTE PUBLIQUE

ANNEE 2000
ENVENIMATION SCORPIONIQUE
RAPPORT ANNUEL
SUR LA SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE
EN ALGERIE
ANNEE 2000
Rapport élaboré par :
Dr Y. LAID
Médecin épidémiologiste
En collaboration avec:
Melle R. OUDJHANE
Ingénieur en aménagement du territoire,
option environnement
Saisie informatique des données :
Mme K. BACHIRI,
Technicienne supérieure en épidémiologie
Pour tout contact :
Service Santé Environnement
Institut National de Santé Publique
04, chemin El Bakr, El Biar, Alger
Tél.: 021.91.20.23/24
Fax: 021.91.27.37
E.mail :
insp@ibnsina.ands.dzCe rapport peut être consulté sur le site: http//www.ands.dz
1.1. Cadre physique L’Algérie constitue un pentagone de 2 381
740 km2, situé à l’extrémité Nord du continent Africain et au
sud-ouest du bassin méditerranéen. En partant de l'est et en tournant dans le
sens des aiguilles d'une montre, l'Algérie possède des frontières communes
avec la Tunisie, la Libye, le Mali, le Niger, la Mauritanie. le Sahara
Occidental et le Maroc. Dans ce rapport les résultats sont données
par Wilaya, par régions géographiques (découpage de l'O.N.S) et par régions
sanitaires (découpage sanitaire). Ces deux parties constituent l'Algérie du nord et
représentent 381.000 km2 divisés administrativement en 40 Wilaya, totalisent Le climat constitue la caractéristique géographique la plus
importante. L'Algérie du nord est méditerranéenne dans sa totalité, mais il tend
rapidement vers le type continental à mesure que l'on pénètre vers le sud du
pays où l'hiver est frais et humide, l'été chaud et sec. Les pluies sont généralement insuffisantes, irrégulières
et inégalement réparties dans l'espace et dans le temps. Elles sont nulles en
été et maximales en hiver dans le tell et au printemps dans les hauts
plateaux. La partie ouest du pays est moins arrosée que la partie est. Le
Sahara est d'une aridité extrême, les précipitations sont inférieures à 100
mm de pluie par an. Le rôle du climat est essentiel, il détermine l’hydrologie,
l’érosion et la vie rurale, toutes choses essentielles pour l’économie d’un
pays essentiellement agricole comme l’est l’Algérie. 1.2. Données démographiques La population algérienne est estimée durant l'année 2000
à 30 421 755 habitants. La répartition de celle-ci par régions géographiques et
sanitaires et par âge est la suivante : Répartition de la population Algérienne par régions géographiques Année
2000 Régions Géographiques TELL HAUTES PLAINES SUD TOTAL Population 17 439844 10 478757,5 2 503154 30421755 Répartition de la population Algérienne par régions sanitaires Année 2000 Régions Sanitaires Centre Est Ouest Sud-est Sud-ouest Total Population 10144210,5 9507002 7343794,5 2498726 928022 30421755 Groupes d'âges Masculin Féminin Total 0-4 ans 5,59 5,33 10,93 5- 14 ans 12,85 12,38 25,23 15-49 ans 26,35 25,78 52,14 50 ans et + 5,71 5,99 11,70 Total 50,51 49,49 100,00 Le taux brut de mortalité enregistré en l'an 2000 est de
5.46 pour 1000. 2. Modalités et qualité du système de surveillance Les déclarations (cf. note N°954/MSP/DP/SDRSE du
29/12/96), permettent de suivre l'évolution des cas d'envenimation
scorpionique et d'en connaître les principales caractéristiques
épidémiologiques. Elles permettent aussi d'évaluer l'impact des mesures
préventives préconisées par le programme national de lutte contre ce
fléau. Tout cas de piqûre par le scorpion qui se présente à
une structure de santé. 324 fiches de déclarations mensuelles ont été reçues des
27 Wilaya touchées par ce problème de santé publique durant l'année 2000,
soit 100 % des fiches de déclarations. L'analyse qui suit a porté sur l'ensemble de ces fiches Dans ce rapport 2000, comme dans celui de 1999, la population
de référence prise en considération est celle de la population totale du
pays. Ce choix a été fait pour deux raisons essentielles : Le taux d'incidence : tous les cas apparus au cours de
l'intervalle de temps considéré (mois, année) figurent au numérateur. Au
dénominateur la population considérée est spécifiée selon la zone
géographique considérée. Létalité : Elle se calcule comme le rapport du nombre
de décès par envenimation scorpionique sur le nombre de cas piqués au cours
de la même période et s'exprime en pourcentage. Mortalité spécifique selon la cause: le taux de mortalité
spécifique par envenimation scorpionique est calculé de la façon suivante : INTRODUCTION Dans la 10ème classification internationale des
maladies (CIM 10), l'envenimation scorpionique est classée dans le groupe
"effets toxiques de substance d'origine essentiellement non
médicinale" (T51 - T65), et dans la rubrique T63 "effet toxique d'un
contact avec un animal venimeux", sous le code T63.2, dénommé "venin
de scorpion". L’envenimation scorpionique est une maladie contrôlable
par l'hygiène du milieu. Elle représente l’un des plus importants problèmes de
santé publique en Algérie et plus particulièrement au niveau des régions des
hauts plateaux et du sud, où chaque année plusieurs milliers de personnes sont
piqués par le scorpion et dont une centaine en moyenne décèdent. Durant la
dernière décennie, plus de 300 000 cas d'envenimation scorpionique ont été
notifiés ayant engendré plus de 1000 cas de décès (tab 1). En matière de dispositif réglementaire Elle est sous surveillance, mais sa déclaration n'est pas
obligatoire dans notre pays. La surveillance épidémiologique avait débuté en 1986, où
un système avait été mis en place avec comme objectif, l’enregistrement des
cas et la standardisation du traitement. Cette fiche comporte les items suivants : Tab. 1. Evolution de la morbidité et de la mortalité Annuelle par envenimation scorpionique en Algérie de 1991 à 1998
Année Cas d'envenimation scorpionique Cas de décès 1991 22972 106 1992 23774 103 1993 26588 108 1994 29145 139 1995 28855 89 1996 26563 110 1997 35497 128 1998 37161 104 1999 50722 149 Cas cumulés Fig. 1 : Evolution
de la morbidité et de la mortalité Annuelle par envenimation scorpionique en Algérie Situation épidémiologique L'analyse de la situation épidémiologique de l'année 2000,
montre que 47521 cas de piqûres de scorpion ont été déclarés dont 108 cas
mortels. Par rapport à l'année précédente, une diminution a été
observée en termes de morbidité et de mortalité. La morbidité et la mortalité restent importante, et sont l’apanage
des hauts plateaux et du sud du pays. Il a été enregistré 47521 cas de
piqûres de scorpion dont 108 ont été mortels. La Wilaya d’Illizi enregistre le taux de létalité et la
mortalité spécifique les plus élevés avec respectivement 0.63 décès pour
100 cas piqués et 0,053 pour 1000 habitants. Le tableau 2 montre que les cas de piqûres ont touché dans
57% les 15-49 ans. et que la mortalité par piqûre de scorpion touche
essentiellement les enfants âgés entre 1 et 14 ans en particulier celle en
âge scolaire (43 % des décès). Tab. 2 : Répartition des cas piqués et des décès par âge AGE CAS PIQUES % DECES % 0-11 mois 237 0,50 4 3,77 1-4 ans 3327 6,98 32 28,30 5-14 ans 11398 23,93 46 43,40 15- 49 ans 26783 56,45 19 17,92 50 ans et plus 5776 12,15 7 6,60 TOTAL 47 521 100,00 108 100,00 1. Au niveau des Wilaya 1.1. Morbidité Les Wilaya les plus touchées sont : Mortalité par Wilaya (tab.3, carte 4). La Wilaya de Ouargla enregistre le plus grand nombre de
décès (21); par contre l'analyse de la létalité montre que les Wilaya
d'Illizi (0,63 %), Laghouat (0,62 %), Tiaret(0,46 %) et Tamanrasset (0,46 %)
enregistrent les taux les plus élevés. Il est à remarquer que la mortalité spécifique est importante dans les
Wilaya d'Illizi (0.053 pour 1000 habitants) et de Ouargla ((0.044 pour 1000
habitants). 2. Au niveau des régions géographiques 2.1. Morbidité Les régions géographiques des hautes plaines et du sud ont
enregistré le plus grands nombres de cas piqués, soit respectivement 23 671
(49.81 %) et 21 986 (46,27 %) des cas d’envenimation scorpionique. Les membres supérieurs sont les plus touchés dans 47.13 %
des cas piqués et les membres inférieurs dans 43.%. 48 % des cas ont été piqués à l’intérieur des maison et plus de 62%
sont enregistrées entre 6-12 heures et 18-00 heures. 2.2. létalité par régions géographiques Le taux de létalité est de 0.23 % au niveau du pays. La région géographique du sud a un taux de létalité de
0.25 %, par contre on retrouve un taux de 0.22 % au niveau des hauts plateaux. 3. Au niveau des régions sanitaires 3.1. Morbidité Les régions sanitaires du sud-ouest et du sud-est
ont enregistré successivement 964 et 951 cas pour 100 000 habitants. L’incidence mensuelle > 90 cas pour 100 000 habitants a
été enregistrée pour les mois Mai, Juin, Juillet, Août et septembre au
niveau des 2 régions sanitaires du sud. Les personnes âgés entre 15 et 49 ans sont les plus
touchées dans l'ensembles des régions sanitaires. L’incidence horaire est plus importante dans les tranches
horaires 6-12 h et 18-00 h dans l'ensemble des régions sanitaires du pays. Les membres sont les sièges anatomiques les plus touchés,
et dépassent les 90 % des cas de piqûres dans la majorité des régions
sanitaires. Dans les deux régions sanitaires du sud ouest et l'est, les
cas de piqûres surviennent beaucoup plus à l'intérieur des maisons., dans le
reste, elles surviennent à l'extérieur. 3.2. létalité par régions sanitaires Le nombre de décès notifie par la région sanitaire du sud-est
est de 58 décès, soit 54% de l’ensemble des décès. La létalité la plus importante a été enregistrée dans la
région ouest (0,30 décès pour 100 cas piqués). Conclusion Globalement, nous retenons les éléments
suivants : La région géographique du sud a un taux de létalité de
0.25 %, par contre on retrouve un taux de 0.22 % au niveau des hauts plateaux
(56 décès ont été notifiés par la région géographique du sud et 52
décès par la région des hauts plateaux). Le taux de létalité est de 0.23 % au niveau de tout le
pays. Le nombre de décès notifié par la région sanitaire du sud-est
est de 58 décès, soit 54% de l’ensemble des décès. La tranche d’âge la plus touchée par le nombre de cas
décédés est celle de 5-14 ans, par contre une létalité importante a été
observée chez les moins de 5 ans avec 1,69 décès pour 100 cas piqués. 0-12 heures et 31,84% entre 18-00 heure. Par rapport au programme de lutte mis en place, il ressort de
cette analyse les points suivants : Quelques propositions Tab. 3 : ENVENIMATION SCORPIONIQUE EN ALGERIE MORBIDITE ET LETALITE PAR WILAYA - ANNEE 2000 WILAYA Cas piqués Décès Incidence (pour 100 000 personnes) Mortalité spécifique (°/00) Létalité (%) ADRAR 4964 5 1 492 0,0150 0,10 CHLEF LAGHOUAT 1950 12 555 0,0341 0,62 O.E. BOUAGHI BATNA 977 2 95 0,0019 0,20 BEJAIA BISKRA 7513 7 1 255 0,0117 0,09 BECHAR 682 0 284 0,0000 0,00 BLIDA BOUIRA 199 0 30 0,0000 0,00 TAMANRASSET 658 3 439 0,0200 0,46 TEBESSA 1057 0 178 0,0000 0,00 TLEMCEN 290 0 32 0,0000 0,00 TIARET 1315 6 164 0,0075 0,46 TIZI OUZOU 271 0 24 0,0000 0,00 ALGER DJELFA 3964 17 448 0,0192 0,43 JIJEL SETIF SAIDA 136 0 42 0,0000 0,00 SKIKDA SIDI BEL ABBES ANNABA GUELMA 55 0 12 0,0000 0,00 CONSTANTINE MEDEA 1004 0 115 0,0000 0,00 MOSTAGANEM M'SILA 4627 8 527 0,0091 0,17 MASCARA OUARGLA 5028 21 1 054 0,0440 0,42 ORAN EL BAYADH 1523 6 825 0,0325 0,39 ILLIZI 318 2 842 0,0529 0,63 B.B.ARRERIDJ 461 0 79 0,0000 0,00 BOUMERDES EL TARF TINDOUF 89 0 293 0,0000 0,00 TISSEMSILT 266 0 95 0,0000 0,00 EL OUED 5548 9 999 0,0162 0,16 KHENCHELA SOUK AHRAS TIPASA MILA 146 0 21 0,0000 0,00 AIN DEFLA 45 0 7 0,0000 0,00 NAAMA 1686 6 1 201 0,0428 0,36 AIN-TEMOUCHENT GHARDAIA 2749 4 837 0,0122 0,15 RELIZANE TOTAL 47521 108 156 0,0036 0,23 1. Présentation de l’Algérie
% de la population
totale.


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