Adjuvants, Conservateurs et autres produits entrant dans la composition des vaccins
Sont-ils indispensables, inoffensifs ?
Docteur Nicole Guérin
Comité technique des vaccinations
La myofasciite à macrophages (MFM) a été découverte en
France en 1997 sur des biopsies musculaires du deltoïde pratiquée chez des
patients souffrant de fatigabilité et de myalgies. Ultérieurement, des
cristaux d’aluminium ont été observés dans des macrophages présents dans
ces lésions histologiques (l’ensemble de la lésion est de la taille d’une
tête d’épingle). Deux hypothèses ont été avancées : Une enquête a été diligentée par l’Institut de Veille
sanitaire et le groupe de recherche sur les maladies musculaires acquises. De
mai 1999 à mai 2000, 93 cas de MFM ont été recensés, essentiellement chez
des adultes âgés en moyenne de 45 ans, et souffrant depuis un an ou deux de
fatigue et douleurs musculaires. L’enquête menée sur les antécédents de 53
de ces patients a trouvé chez 87% d’entre eux des antécédents d’injections
de vaccins contenant de l’aluminium (deux fois sur trois le vaccin contre l’hépatite
B) pratiquées quelques années auparavant. En se basant sur les données
actuellement disponibles, le Comité consultatif de l’OMS pour la sécurité
des injections considère qu’un lien entre l’entité histologique que
constitue la MFM et une quelconque entité clinique est impossible à établir. Il n’est donc pas justifié, jusqu’à plus ample
information, de remettre en question ni la voie intramusculaire de l’injection
vaccinale, ni les adjuvants à base d’aluminium des vaccins. Rappelons que la
voie intramusculaire est utilisée dans le monde pour la grande majorité des
vaccinations, et que les adjuvants à base d’aluminium des vaccins sont
indispensables pour garantir une bonne réponse immunitaire et qu’ils sont d’usage
courant depuis plus de 50 ans. Quelques questions en suspens : PSYCHODRAME AUTOUR DU THIOMERSAL Le Thiomersal (ou thimerasol, mercurothiolate ou merthiolate)
est un dérivé mercuriel utilisé depuis les années 1930 comme conservateur
dans certains vaccins, liquides ainsi que dans certains produits médicamenteux,
pour prévenir les contamination bactériennes et fongiques, redoutées en
particulier lors de l’utilisation de flacons multidoses. Ce produit a été
reconnu comme responsable de réactions d’hypersensibilité de type retardé.
Plus récemment, une analyse menée par la FDA des réactions indésirables sur
la santé des enfants de autres populations sensibles après exposition au
mercure. Une mise au point a été élaborée conjointement par le service de
santé publique des Etats Unis et l’académie américaine de Pédiatrie, et un
rapport au cliniciens recommandant la réduction ou mieux l’élimination du
thiomersal des vaccins. En fait, on connaît la toxicité de l’ingestion de
méthyl mercure après les empoisonnements au Japon et en Irak, mais les
régimes alimentaires exposés au risque aux Seychelles et aux îles Faroe ont
eu des conséquences contradictoires : déficits cognitifs, à type de
mauvaise performance aux tests d’attention de langage et de mémoire aux
Faroe, aucun lien entre les anomalies et l’exposition aux Seychelles . Pour les vaccins, l’étude des 90 000 effets indésirables
rapportés au système de surveillance américain entre 1990 et 1998 n’a
relevé que 45 rapports où le thiomersal était imputé. 28 étaient liés au
vaccin Hépatite B, 10 à la grippe, 3 le Td. Les effets indésirables étaient
des rash (9 cas), urticaire (8 cas), œdème (5 cas), douleurs articulaires (4
cas). Un calcul de la dose globale reçus par un nourrisson américain en
routine a montré que les doses de mercure maximales pouvaient atteindre
187,5µg avant l’âge de 6 mois. Cette dose maximale est supérieure aux
limites établies par l’agence de Protection de l’environnement des Etats
Unis (EPA, ) , mais inférieure aux limites de l’Agence pour les
substances toxiques et du registre des maladies, de la FDA et de l’OMS. L’interprétation
des ces réflexions a malheureusement abouti à une réduction significative de
la vaccination contre l’hépatite dans le cadre de la prévention de la
transmission de l’hépatite B d’une mère porteuse de l’Ag HBs à son
nouveau-né. Depuis lors, les producteurs ont été priés d’étudier
les modalité de suppression des dérivés mercuriels dans les vaccins. En
France, où l’on utilise des vaccins unidose, la plupart des vaccins ne
contiennent pas de thiomersal, et les rares qui en contenaient en sont
maintenant exempts à part quelques vaccins grippaux. Et la gélatine ? La gélatine est présente dans certaines phases du processus
de fabrication des vaccins. Des sensibilisations à ce produit liées à des
vaccins DTC acellulaire contenant de la gélatine ont été rapportées. Mais l’inquiétude
vient surtout du doute quant à l’éventuelle contamination de ces produits
par le variant de la maladie de Creutzfeldt Jakob. Il y a en effet des produits d’origine bovine (sérum de bœuf,
bile de bœuf, extraits de viande..) dans les milieu de culture servant à la
préparation des vaccins. Tous ces produits sont éliminés au cours des
dernières étapes de la fabrication, et n’entrent donc pas dans la
composition finale du produit. De plus, les serums utilisés pour la préparation des
vaccins sont prélevés sur des animaux provenant de pays indemnes jusqu’à
présent d’ESB (Etats Unis, Australie).LES RISQUES IMPUTES AUX ADJUVANTS A BASE DE SELS D’ALUMINIUM