Historique
La petite région de Sidi-bel-Abbès a été depuis très longtemps le creuset d'une population aux mœurs sédentaires préoccupée d'agriculture et d'irrigations.
Au XI ème siècle, la région enregistre des mouvements de population considérables nés de la poussée des tribus Bani Hillal et de la domination des Almoradives
Au XIVème siècle, les Espagnols qui veulent s'implanter dans le pays sont repoussés à plusieurs reprises, après avoir eté tenu en échec par de multiples attaques dans la région de Sidi-bel-Abbès qui leurs coûtent plus de 1000 soldats. Leur refuge Oran est pris d'assaut.
Vers 1843, l'émir Abdelkader résistant à l'occupation française dirige plusieurs opérations contre les troupes du général Bedeau qui installe une redoute tenu par la légion étrangère à proximité du modeste mausolée du marabout Sidi-bel-Abbès, sur la rive droite de la rivière Mékkera. La ville de Sidi-bel-Abbès embryonnaire en 1843 est véritablement crée dès les années 1850 par l'occupant français
Elle est la ville-garnison de la légion étrangère de 1843 à 1962, et en conséquence maison-mère de la légion étrangère jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962
Le premier nom de la petite ville est Biscuit-ville puis, en 1859, elle prend le nom de Bel-Abbes-Napoléon un très court temps pour devenir Sidi-bel-Abbès. En prenant le toponyme de la modeste kouba ou tombe près de la rive gauche de l'oued Mekerra proche de la redoute militaire protectrice, la ville reprend et porte à la postérité le nom d'un saint homme musulman "Sidi bel-Abbes Bouzidi".
Sidi-bel-Abbès : un nom de baptême emprunté à une légende
Armoiries de Sidi-bel-Abbès
La ville de Sidi-bel-Abbès doit son nom à un saint homme "Bel-Abbès" qui était un chârif puisqu'il appartenait à la descendance du prophète de l'islam Mahomet par son grand-père qui s'était établi au Maghreb afin de répandre la parole de Dieu (en arabe : Allah).
Bel-Abbès avait suivi son père à Tlemcen où celui-ci y enseignait, à la Madrasa de la ville. C'est alors qu'Allah lui aurait ordonné de porter sa parole aux deux tribus arabes qui s'étaient installées au Maghreb vers 1052 avec les Beni Hillal mais faisant partie de la confédération des Ma'qi
En obéissant aux lois d'Allah prêchées par Bel-Abbès qu'on baptise à présent " le marabout (ﺍﻟﻮﻟﻲﺍﻟﺻﺎﻟﺢ) de Sidi-Bel-Abbès ", les autochtones connaissent paix, sérénité et prospérité. Sa mission est alors un véritable succès.
Cependant cette quiétude ne durera pas très longtemps car un démon prendra également les apparences d'un saint homme, trompera les indigènes et les encouragera à chasser le véritable marabout. Et c'est alors que, punition divine, se succèdent épidémies et famines dans les tribus de Amarnas et Ouled Brahim, qui vont finir par prendre conscience de leur erreur et décident de ramener Sidi-Bel-Abbès parmi eux.
Mais voilà qu'après avoir trouvé le saint homme, chaque tribu veut se l'accaparer, ce qui va donner naissance à d'énormes tensions entre les Amarnas et les Ouled Brahim qui finiront par se déclarer la guerre, celle-ci sera finalement remportée par les Ouled Brahim qui vont tenter de s'emparer de Sidi-Bel-Abbès. Mais ce dernier va réussir à leur échapper en se transformant en une colombe qui ira se poser par la suite sur la rive gauche de la grande boucle de la Mekerra, où il finira par reprendre sa forme initiale .
Témoins de ce miracle, les deux tribus déclarent forfait et c'est ainsi que Sidi-bel-Abbès va poursuivre son œuvre de paix jusqu'à ce qu'il s'éteigne en 1780. Il sera alors, enterré dans un mausolée (en arabe : ﻗﺒﻪ "qo
ubba") qui portera son nom, sur la rive gauche de la boucle de la Mekerra, à l'endroit même où s'était posée la colombe.
Sidi-bel-Abbès : Naissance d'une Ville
Une naissance tardive
Rappel géographique
L'Afrique du Nord est organisée en quatre chaînes de montagnes agencées parallèlement au littoral. Du nord au sud, on retrouve: l'Atlas tellien, l'Atlas plissé, l'Atlas tabulaire et sans oublier l'Atlas saharien.
Au milieu des chaînes précédentes, se suivent du nord au sud: les basses plaines littorales, les plaines intérieures sublittorales, et enfin les hautes plaines (appelées également Hauts Plateaux). Ces basses plaines permettront du Maroc à la Tunisie, un passage sans contraintes aux envahisseurs Phéniciens, Romains, Vandales, Arabes, Turcs et Européens et ceci pour cause d'absence d'obstacles naturels.
Les communications entre la côte méditerranéenne et le Sahara se heurtent aux massifs montagneux des chaînes successives de l'Atlas et ne peuvent s'effectuer que par les rares trouées naturelles de ces massifs. Ce sont ces passages qui ont été empruntés, au fil des siècles, par les commerçants se rendant et revenant du Bled essoudân, l'Afrique Noire, et les nomades effectuant la transhumance d'été ("achaba") ou bien, lançant quelque razzia dans le Tell
Naissance des premières villes d'Afrique du Nord
Les premières villes maghrébines seront fondées sur les sites stratégiques qui se trouvent aux croisements des voies de communications Est-Ouest et Nord-Sud par les Berbères, première population à s'être établi au Maghreb et plus tard par les conquérants romains et arabes. Parmi ces villes, on cite: Siga (près de Béni-Saf), Oran et Mostaganem, dans l'Ouest. Nédroma, Aïn-Témouchent, Hammam-Bou-Hadjar, Sainte
-Barbe-du-Tlélat, Saint-Denis-du-Sig, Perrégaux et Relizane, sur la route des plaines et dans la région du sud, on retrouve: Marnia, Tlemcen, Mascara, Tiaret.
Quant à Sidi-bel-Abbès, bien que son site soit stratégique puisqu'il permettait le contrôle des nomades de Sud venant dans le Tell et la route entre Mascara et Tlemcen, elle ne sera érigée qu'en 1835 par le conquérant français
Cette naissance tardive est essentiellement due à la géographie des lieux puisque n'oublions pas que cette région est caractérisée par ses marais qui ont permit le pullulement des moustiques et favorisé ainsi l'apparition du paludisme, ce qui a encouragé l'homme à fuir cette zone.
Cependant, cette atmosphère malsaine ne persistera pas très longtemps puisqu'en 1845, des travaux de drainage des marais seront entrepris par les légionnaires, ce qui permettra d'assainir les lieux et d'installer un camp militaire et par la suite une ville.
L'arrivée des Français
Arrivons maintenant à l'année 1830, depuis le débarquement des troupes du maréchal De Bourmont, les opération ne cessent de se développer[11]. En 1835, le maréchal Clauzel se lancera dans une grande expédition qui a pour but de détruis
lancera dans une grande expédition qui a pour but de détruire Mascara, capital établit par l'émir Abdelkader. Cette expédition débutera le 10 Novembre à Oran et se terminera comme convenu à Mascara le 5 décembre. Tout au long de ce trajet, le général ne manquera pas d'établir des relais fortifiés dans de multiples lieux stratégiques. Parmi ces endroits stratégiques, on retrouve le plateau de Sidi-bel-Abbès qui permettait de surveiller et ainsi de contrôler tous les déplacements des autochtones entre Mascara et Tlemcen mais également entre Oran et les hauts plateaux. Ce poste de surveillance sera érigé sur la rive droite de la Mékerra, face au mausolée de Sidi-bel-Abbès
Vers l'an 1840, le gîte d'étape sera transformé en campement provisoire puis en poste permanant deux ans plus tard qui permettra de mieux surveiller les tribus. Puis en 1843, le général Bugeaud y installe un camp retranché derrière, son fossé et ses remparts construits par les chasseurs d'Afrique et la légion étrangère[12]. Cependant, l'atmosphère de cette région demeure invivable; le climat était malsain, les légionnaires vivaient dans l'isolement total et étaient constamment confrontés à des difficultés de ravitaillement. Pour améliorer leurs conditions de vie dans cette région, ils s'investiront dans des travaux de drainage des marais, de débroussaillage du sol, le débarrassant ainsi des palmiers-mains( le doum), des genêts épineux, des jujubiers sauvages,...etc
En 1847, le général La Mercière, qui était à l'époque commandant de la division d'Oran, a l'idée de concevoir une ville fortifiée qui permettra de mieux surveiller les tribus indigènes, mais aussi de faciliter la libre circulation entre Mascara et Tlemcen et entre Oran et les Hauts plateaux, cette proposition sera très bien accueillie par la commission, et le 10 Novembre 1848, le gouverneur général propose la création de cette ville en se basant sur les plans qu'avait dessiné le capitaine Prudon. Et c'est ainsi que par décret du 5 Janvier 1849, le président de la république le prince Louis Napoléon Bonaparte décide: " il est créé à Sidi-Bel-Abbès... un centre de population européenne de 2000 à 3000 habitants auquel on attribuera le nom de Sidi-Bel-Abbès[13].
La ville fut entourée de murs de protections avec 4 portes qui permettaient l'accès à la ville: au Nord la porte d'Oran, au Sud la porte de Daya, à l'Ouest la porte de Tlemcen et enfin celle de Mascara à l'Est[14]. Aujourd'hui il ne reste plus rien des fortifications et les portes laissent passer les avenues.
Les installations tels que les remparts et les rues se réalisent entre 1849-1857. Les casernes militaires et l'hôpital datent eux aussi de la même époque. Quant aux édifices publics et aux constructions privées, ils furent conçus plus tard
Le premier maire de la ville sera monsieur Roubière en 1870.
La Source des données : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi-bel-Abb%C3%A8s